Image du film japonais de 1954, Gojira ©

Le moteur de recherche qui voulait devenir place de marché

Google, dans le viseur de la commission européenne (qui l’accuse d’abus de position dominante) depuis quelques semaines, excite aujourd’hui la webosphère et les e-marketeux avec un petit bouton qui risque de se propager un peu partout sur le moteur de recherche… Un bouton « Acheter » qui devrait accompagner chaque fiche produit Google Shopping, pour permettre aux internautes de faire leurs achats… sans quitter Google.

Alors la rumeur repart de plus belle… Google veut devenir une place de marché ! 

La première fois que j’en ai entendu parlé, c’était justement lors du lancement de Google Shopping (vous savez, quand le service était encore gratuit et déconnecté des Adwords). Avec ce nouveau service, l’objectif du géant était de gagner des parts de marché sur les comparateurs. Où les internautes se rendaient facilement pour préparer leurs achats. Quelques années et algorithmes plus tard, les comparateurs perdent du terrain… Mais d’autres sites, les places de marché, en gagnent sur la recherche de produits en ligne !

Logo Google Shopping © Google
Vous ne ferez plus vos achats ailleurs…

Et c’est le cas d’Amazon, leader du e-commerce mondial (hors Chine), place de marché géante à la logistique implacable. Celle-ci s’est transformée ces dernières années en véritable moteur de recherche ! Compte-tenu de la largeur du catalogue produits, les internautes ont changé leurs habitudes et se rendent directement sur Amazon pour rechercher un produit. De part sa stratégie centrée sur le client, Amazon va d’ailleurs se baser sur ces requêtes pour proposer de nouveaux produits et aller démarcher de nouvelles marques ou vendeurs…

Google perd donc des parts de marché sur son métier historique : la recherche. Et plus particulièrement ce qui touche aux produits. Avec le bouton « Acheter », celui-ci souhaite proposer une nouvelle expérience aux internautes et la possibilité de commander leurs produits SANS quitter le moteur de recherche. Du choix de la taille, de la couleur, au mode de paiement en passant par le mode de livraison… Rapide et simple pour les clients, mais pas pour les e-commerçants !

Des flux, des flux, encore des flux !

Tout d’abord concernant le modèle économique. Google Shopping (Adwords) facture pour chaque visiteur amené vers le site e-commerce. Si Google ne souhaite pas se rémunérer sur un pourcentage des ventes réalisées (d’après les informations de Challenges), comment souhaite t-il le faire ? En facturant le bouton « Acheter » à prix fixe ? Aux enchères ? Y aura t-il de ce fait un ou plusieurs boutons « Acheter » par produit ?

Autant pour le choix des tailles et couleurs, il y a déjà un flux produits Google Shopping. Mais pour les modes de livraison… cela risque d’être plus coton ! Est-ce qu’il va « imposer » ses modes de livraison ? Et aux e-commerçants de les proposer… Ou va t-il s’adapter aux modes de livraison de chaque site e-commerce ?

Bref, des questions cruciales encore en suspens… Et selon la tournure des événements, cela risque tout de même de refroidir de nombreux e-commerçants (qui vont finir par faire que de la logistique, d’ailleurs) et les places de marché qui n’accepteront pas de réduire leur champs d’action à de la logistique et de ne pas pouvoir exploiter les données clients. Belle ironie !

Un jour, je pourrai peut-être acheter sur Google, un produit vendu chez Amazon, proposé par un site multi-marques, qui l’achète au semi-grossiste, qui fait venir ses produits d’un grossiste chinois, qui négocie ses achats à prix usine, où sont fabriqués les produits d’une marque française, qui conçoit sa collection à quelques rues de chez moi…

Gif Léonardo DiCaprio © Lipstickalley.com
Aïe aïe aïe, ça devient compliqué !
Florian Fornetran

Florian Fornetran

Commerçant sur les Internets - Acteur de l'économie numérique française - Au service des distributeurs, des marques et de leurs clients ...

Tous les articles

Suivez moi sur : TwitterGoogle Plus